Rupert Sheldrake - interview- Le plus doué des perroquets télépathes vit à New-York

Publié le 11 Novembre 2010

Rupert Sheldrake 

Le plus doué des perroquets télépathes vit à New-York

 

Le fameux botaniste britannique, qui lança il y a vingt ans sa théorie des champs morphiques, poursuit vaillamment ses recherches, qui pourraient expliquer de nombreux phénomènes inexplicables, tels que la télépathie, la prémonition ou simplement la constance des formes vivantes. Nous sommes allés le voir à Londres, où il nous a convaincus de la nécessité de promouvoir des sciences plus intuitives et plus populaires.




Nouvelles Clés : Vingt-et-un an après la publication d’Une nouvelle Science de la vie, où en êtes-vous ? En remettant en question à peu près toutes les disciplines scientifiques, votre théorie a rencontré un véritable mur de résistance, on pouvait s’y attendre. Mais vous avez marqué les esprits et un large public éclairé fait régulièrement allusion à vos idées, qui servent de référence. En publiant en 2000 Ces chiens qui attendent leur maître, vous avez débordé de votre lectorat et gagné un nouveau public, non ?

Rupert Sheldrake : C’était un prolongement naturel d’un chapitre portant sur l’intuition animale dans mon livre précédent, 7 expériences qui peuvent changer le monde. Ce chapitre a emporté une large adhésion populaire, en particulier en Angleterre. J’y évoquais déjà cette capacité étonnante qu’ont certains animaux domestiques à deviner à quel moment leurs maîtres prennent la décision de rentrer chez eux, et ceci, même quand ils se trouvent à des centaines de kilomètres et suivent un emploi du temps irrégulier. Je demandais à mes lecteurs de m’informer d’éventuels faits similaires. J’ai reçu un énorme courrier, par la poste et par email. En réponse à ma demande, des milliers de propriétaires d’animaux ont eu des histoires étonnantes à raconter. Des chats qui décrochent le téléphone, mais uniquement quand c’est leur maîtresse qui appelle. Des chiens qui empêchent leur maître de prendre la route, leur évitant un terrible accident. Des histoires fascinantes, que les journaux ont repris en lançant des tests (en France les magazines Psychologies et Madame Figaro qui m’ont apporté beaucoup d’informations). Et je me suis ainsi retrouvé avec des informations que je n’avais jamais prévues. Avec l’aide de professionnels, j’ai monté une banque de données. J’ai désormais quatre mille histoires référencées, venues du monde entier. Progressivement, une véritable histoire naturelle des comportements animaux inexpliqués a émergé. De nouvelles catégories sont apparues... Bref, il y avait à l’évidence matière à un livre en soi, tout-à-fait différent des précédents, en particulier parce que nourri de cette vaste participation populaire. En fait, c’est une nouvelle forme de science populaire, que j’appelais précisément de mes vœux dans les 7 expériences...

Et quand le nouveau livre est paru, mes éditeurs américains, britanniques et allemands ont décidé de le promouvoir très différemment. Il ne s’agissait plus de présenter la théorie de la résonance morphique à un petit public de passionnés des nouvelles idées en science, mais de la diffuser dans le grand public des propriétaires de chiens et de chats. Si bien que ce livre s’est beaucoup plus vendu que les autres : 250 000 aux USA, 80 000 en GB, 150 000 en Allemagne..., et il a été traduit dans au moins douze autres langues - je ne suis pas tenu au courant par mon éditeur français, qui a très mal vendu l’ouvrage, alors que la France est le pays qui compte le plus de propriétaires d’animaux domestiques. Mon agent s’est d’ailleurs mis à la recherche d’un nouvel éditeur.

L’impact public a été important. J’avais sous-estimé l’intérêt que les gens accordent à leurs animaux de compagnie. En Amérique, je suis passé dans les plus grands shows les plus populaires, Good Morning America, 20/20, etc. Mon travail jusque là avait plutôt intéressé des programmes et des magazines alternatifs... Le résultat, c’est que j’ai trouvé davantage d’histoires, davantage de cas de comportements animaux inexpliqués, ce qui a provoqué une véritable accélération du phénomène. Des gens qui n’avaient jamais prêté attention à leur animal de compagnie ont découvert des choses intéressantes et en ont parlé, etc.

N. C. : Comment la communauté scientifique a-t-elle réagi ?

R. S. : Collectivement, elle demeure très conservatrice. Individuellement, beaucoup de chercheurs sont intéressés, notamment ceux qui ont eux-mêmes un chien qui les attend à la porte quand ils rentrent du travail. Même s’ils disent dans leurs labos que ce genre de chose n’existe pas, quand ils rentrent chez eux, ils voient bien que si. Ainsi, le fossé entre ce que les scientifiques peuvent dire en public et ce qu’ils peuvent dire en privé s’est élargi.

N. C. : Mais de nouveaux scientifiques, tels qu’un Boris Cyrulnik en France, peuvent très bien changer de point de vue...

R. S. : Certes, mais le problème chez les scientifiques, partout où je vais, c’est qu’ils commencent par me dire combien ils trouvent ces recherches passionnantes et combien leurs étudiants aimeraient s’y joindre, avant d’avouer qu’il leur serait impossible d’obtenir le moindre budget sur de tels sujets. C’est pareil dans le monde entier. Le financement de la recherche est tenu par une bureaucratie aux vues étroites et nulle part ça ne se passe de façon démocratique. Les bureaucrates se cooptent et écoulent l’argent public dans leurs propres filières. De lui-même, ce système ne se réformera jamais. La décision doit venir du public et des dirigeants politiques. J’ai une proposition à ce sujet, qui a déjà été présentée en Allemagne, dans Die Zeit, et qui le sera bientôt en Grande-Bretagne, dans le New Scientist. Voici : je propose que 1% du financement public de la science soit consacré à des recherches qui intéressent explicitement les contribuables - eux qui payent 100% de ce budget ! 99% du budget continueraient à aller à des recherches qui ne les intéressent pas forcément mais qui alimentent les gros fabriquant de médicaments, les filières paramilitaires de la physique des hautes énergies et l’establishment scientifique habituel. Bref, voilà : je propose que 1% du budget aille à des filières non-conventionnelles et soit géré autrement.

Il y aurait différentes façons de savoir quelles recherches le public aimerait voir financées - par le biais de sondages et de consultations d’associations, de sociétés savantes, d’organisations écologiques, de municipalités, de syndicats, de praticiens alternatifs, toutes sortes d’organisations et de gens susceptibles d’avoir des idées et capables de les défendre en public. Des bourses pourraient être distribuées. Et cela libèrerait toute une imagination chez les scientifiques, qui ne peuvent rien faire sans budget. De nombreux étudiants pourraient retrouver de cette façon un enthousiasme qu’ils ont perdu vis-à-vis de la science, parce qu’elle-ci est trop rigide. De leur côté, les journalistes scientifiques auraient un nouveau type d’informations à véhiculer, des histoires plus populaires à raconter.

Proposée en privé, cette idée a immédiatement soulevé un grand intérêt dans les médias et auprès des politiques, qui ne détestent jamais plaire au public. Je serais heureux de discuter avec vous de la possibilité de lancer cette proposition en France...

N. C. : Nous voudrions vous poser deux sortes de questions : concernant vos dernières recherches et concernant l’intuition...

R. S. : Ce qui se rejoint. Les animaux ont incontestablement de l’intuition. Une grande partie de cette intuition, comme celle des humains, est biologique. Celle des animaux est plus intense...

N. C. : Peut-on dire que l’intuition est une capacité à capter un champ morphogénique ?

R. S. : Les champs morphiques pourraient aider à expliquer la télépathie. Ils éclairent les liens à distance entre les gens et entre les groupes vivants. L’idée de base est que tout groupe social a un champ, qui inclut tous ses membres : meute de loups, banc de poissons, vol de canards... Même chose pour une famille d’humains, en incluant éventuellement le chien ou le chat du foyer. Quand l’un des membres s’en va, le champ le suit, s’étendant aussi loin que lui. La télépathie ne fonctionne jamais aussi bien qu’entre des êtres, humains ou animaux, ayant des liens puissants. Un animal de compagnie connaît chacun des membres de la maison où il vit, mais 70% des chiens ont un lien privilégié avec une personne précise.

La résonance morphique a trait à la mémoire du champ. C’est elle qui donnerait aux êtres l’intuition de ce qu’il convient de faire dans des situations qu’ils n’ont jamais connues eux-mêmes mais que d’autres ont connues avant eux. C’est un peu comme l’instinct.

L’intuition de ce qui va venir est différente. La résonance morphique ne peut s’étendre que vers le passé, pas vers l’avenir. La précognition (connaître à l’avance) ou la prémonition (être mis en garde à l’avance) sont donc beaucoup plus difficile à expliquer, surtout la première. Qu’est ce vous qui alerte, un jour ou deux avant un accident ? Quand un animal sent venir un tremblement de terre à l’avance, il se pourrait qu’il ait une prémonition tout simplement sensorielle : d’infimes émanations de gaz, de micro-changements du magnétisme terrestre peuvent survenir avant un séisme et n’être perçus que par certains êtres, certaines espèces. La précognition est plus mystérieuse et controversée. Personne n’a vraiment de pistes. C’est une question ouverte. Comment expliquer qu’un animal sache à l’avance qu’une bombe va exploser ? Pendant la seconde Guerre Mondiale, en Angleterre et en Allemagne, beaucoup d’animaux alertaient leurs maîtres avant les raids aériens, bien avant que l’on puisse détecter sensoriellement les avions. Or, un chien britannique ne pouvait raisonnablement détecter un avion allemand encore en train de survoler la Hollande et se dirigeant vers Londres - d’autant que les vents viennent généralement de l’ouest. Et pourtant nous avons rassemblé de nombreux témoignages. Et comment expliquer qu’une personne puisse soudain décider de ne pas prendre un avion, une heure avant que celui-ci ne s’écrase ? De quelle reconnaissance s’agit-il là ? Ce sont des questions que je pose dans mon prochain livre, qui sera consacré aux aptitudes humaines inexpliquées, et particulièrement à toutes les prémonitions qui ont eu trait au désastre du World Trade Center.

N. C. : Ah bon ?

R. S. : Dans les jours qui ont suivi l’attentat, j’ai fait mettre des affiches à Manhattan, dans l’Union Square, et des annonces dans le Village Voice, demandant à quiconque aurait eu des prémonitions sur ce qui allait se passer de me le faire savoir par e-mail. J’ai reçu des dizaines de réponses. Certaines font état de rêves stupéfiants, faits dans les jours qui ont précédé le 11 septembre. Bien sûr, il s’agit d’un matériau difficile à utiliser et à quantifier, qu’il faudrait comparer à des données statistiques ordinaires, que nous ne possédons pas. Combien de cauchemars font les gens en temps normal ? Et combien de passagers de l’air décident brusquement de ne pas monter dans un avion... auquel il n’arrive finalement rien ? On ne sait pas. Je suis en rapport avec les compagnies aériennes américaines, pour essayer d’accéder à des statistiques qui sont soit confidentielles, soit inexistantes. Si je les obtiens, il serait intéressant de vérifier si, les 10 et 11 septembre 2001, un nombre significativement plus grand de passagers se sont désistés de leurs vols.

Dans les années 1950, quelqu’un avait procédé à une étude de ce type, concernant les deux plus terribles accidents ferroviaires de la période. Il découvrit que dans les deux cas, en comparant avec les jours précédents, d’avantage de gens avaient renoncé à leur voyage au dernier moment. L’un des dirigeants d’American Airlines s’intéresse à ma recherche et serait prêt à m’aider. Malheureusement toutes les données du 11 septembre sont entre les mains du FBI - les compagnies elles-mêmes n’y ont pas accès. Mais ne relâche pas mon effort.

N. C. : Vous me disiez que vous veniez d’achever un nouveau livre... ?

R. S. : Oui, concernant aussi bien les humains que les animaux. J’ai été particulièrement intéressé par les perroquets télépathes. Ils sont plus impressionnants que les chiens et les chats, car si ces derniers peuvent nous montrer ce qu’ils ressentent par leur comportement, les perroquets télépathes, eux, le font avec des mots ! C’est stupéfiant. Le plus doué des perroquets parleurs et télépathes que je connais vit à New York. Il appartient à une artiste, Aimée Morgana, qui avait été impressionnée par les travaux d’Irene Pepperberg - une scientifique américaine qui a étudié le langage des perroquets en Afrique et a prouvé que ces oiseaux comprennent le sens des mots qu’ils utilisent. Elle travaille maintenant au M.I.T. et a publié un livre énorme où elle montre que les perroquets sont capables de former des concepts, etc. C’est nouveau et important. Jusque-là, la plupart des recherches sur l’intelligence animale étaient axées sur le travail avec les chimpanzés et les gorilles, et partaient de l’a priori que les formes d’intelligence supérieure nécessitent un gros cerveau. Aucun chercheur ne pensait que les perroquets pouvaient être vraiment intelligents. Or, ils le sont et leur cerveau est petit...

Bref, partant de ces données, Aimée Morgana a entrainé son perroquet. Quand j’ai fait sa connaissance, en 2000, celui-ci avait un vocabulaire d’environ huit cents mots (c’est sans doute le record du monde) ! Ayant lu mon livre sur les animaux, elle m’a envoyé un mail, où elle expliquait qu’au fil du temps, elle s’était rendu compte que son perroquet était capable de capter ses pensées. Par exemple, si elle lit un magazine, il lui arrive de commenter ce qu’elle regarde - alors qu’il est loin d’elle, dans une autre pièce, il peut dire : “Oh, la belle voiture !”

Pile au moment où elle en regarde une. Ou bien il lui dit : “Téléphone à Bob !”, à l’instant même où elle avait la même pensée. Et plusieurs fois, le perroquet l’a réveillée en commentant la scène qu’elle était en train de rêver. Une fois, par exemple, elle était en train de rêver qu’elle allait enregistrer quelqu’un sur un magnétophone et s’apprêtait à appuyer sur le bouton, quand elle a été réveillée par le perroquet en train de crier : “Presse le bouton !”

N. C. : Beaucoup de psychiatres qui ont travaillé avec des psychotiques (dont les mécanismes de refoulement sont peut-être en panne) disent que ceux-ci peuvent lire dans leurs pensées. Que cela se passe avec des animaux laisse supposer un phénomène bien plus large. Mais, dans le cas que vous venez de citer, ne pourrait-on penser que c’est plutôt le cri du perroquet qui a provoqué le rêve de sa maîtresse ?

R. S. : Possible, bien sûr ! Mais les exemples du même genre convergent de manière impressionnante vers l’hypothèse d’une véritable télépathie. Je suis donc allé voir cette femme à Manhattan. Nous avons fait des tests. Par exemple, avons regardé des images et tandis que nous hésitions encore pour savoir sur laquelle nous allions nous concentrer, au moment où Aimée regardait celle d’une petite fille, de l’étage supérieur nous est parvenu la voix du perroquet : “That’s a girl !” J’étais sidéré. Nous avons donc conçu un protocole expérimental. Nous avons choisi cent cinquante photos de sujets dont le perroquet possède le vocabulaire, qui ont été enfermées dans des enveloppes scellées par une tierce personne, ignorant tout du sujet. Puis ces enveloppes, rangées de façon aléatoire, ont été confiées à Aimée, que l’on a enfermée dans une pièce et filmée par une caméra, tandis que le perroquet était enfermé dans une autre pièce, à un autre étage et filmé lui aussi. L’expérience consistait à ouvrir les enveloppes dans l’ordre aléatoire puis à les ouvrir l’une après l’autre en restant concentré pendant deux minutes sur chacune. Le résultat fut frappant, j’en publierai les résultats dans une revue scientifique avant d’en parler davantage, mais, devant des témoins objectifs, le perroquet a prononcé les mots correspondants à ce que sa maîtresse regardait un nombre considérable de fois - beaucoup plus souvent que si cela s’était produit par hasard. D’après ce test, ce perroquet est réellement télépathe. Bien sûr, il s’agit là d’un perroquet exceptionnel, entraîné par une personne qui lui est entièrement dévouée. Il chante aussi, en particulier les derniers tubes à la mode ! Nous montrerons la vidéo au public après la publication officielle...

N. C. : L’impression d’être regardé est l’un des tests que vous proposiez dans 7 expériences qui peuvent changer le monde...

R. S. : C’est celle de nos expériences qui a le mieux fonctionné du point de vue scientifique.

Le prochain livre en parlera. Ce livre comprendra trois grandes parties : 1°) la télépathie humaine ; 2°) l’impression d’être regardé ; 3°) prémonition, précognition et pressentiment. Dans les trois cas, on peut dire que l’intuition est en jeu. J’ai déjà fait allusion au pressentiment dans le livre sur les animaux, avec cette expérience sur l’ordinateur qui projette des images dans un ordre aléatoire en direction d’un observateur dont on mesure précisément l’activité émotionnelle. Il apparaît que l’épiderme du sujet “pressent” les images émouvantes deux à trois secondes avant leur projection. Je me suis moi-même soumis à cette expérience, c’est étonnant. Et il n’y a encore aucune explication.

Mais le plus étonnant, que je n’ai pas testé personnellement, concerne sûrement la précognition, où l’on a assisté à l’une des plus remarquables percées récentes de la parapsychologie. À la base, il y a une expérience que beaucoup de gens (60% de ceux que j’ai interrogés) a déjà connue : celle de se réveiller un très court instant avant son réveil-matin, même quand celui-ci a été réglé sur une heure inhabituelle. L’explication officielle dit que nous aurions en nous une “horloge biologique”, mais la plupart des gens n’ont par ailleurs qu’une idée très approximative de l’heure qu’il est et de toute façon nous ne possédons aucune piste pouvant conduire à cette horloge. D’autre part, le fait même de se lever à une heure physiquement aussi précise, et souvent en pleine nuit, est un fait radicalement nouveau dans l’histoire de l’humanité. Nos ancêtres avaient tendance à se coucher et à se lever avec le soleil. Les comportements d’Homo industrialis sont totalement non-naturelles. Ils n’ont aucun précédent. Et pourtant, l’aptitude à se réveiller à la minute près est universelle. Mon hypothèse est qu’il s’agit d’une précognition de la sonnerie du réveil. Ce serait pour éviter cette sonnerie que nous nous réveillerions. Biologiquement, ce serait plausible. Un animal endormi pourrait anticiper un désastre - ou un mini-désastre telle une sonnerie - et se réveiller. Pour tester cette hypothèse, il nous faut placer à côté de personnes endormies des réveils remontés .à des heures aléatoires (avec le réveil téléphonique, c’est encore plus simple).

N. C. : Cette précognition aurait donc une base explicable ?

R. S. : À vrai dire non, pour le moment elle reste un vrai mystère. Nous ne pouvons pas la mettre en rapport avec la résonance morphique, mais peut-être avec la théorie plus générale que je propose dans mon prochain livre et qui est l’idée de l’esprit étendu (extended mind) : notre esprit s’étend au-delà de notre cerveau, tout comme les ondes téléphoniques dépassent nos téléphones. Le cerveau et le corps ne sont qu’une partie du système. Le problème de la science actuelle est qu’elle suppose que l’esprit est limité au cerveau. Cela n’est pas prouvé, juste l’idéologie matérialiste en a fait, non une hypothèse, mais un dogme. C’est une impasse qui inhibe la recherche et la trouble. C’est aussi un énorme gaspillage de milliards de dollars chaque année, à la recherche d’impossibles solutions. C’est la raison pour laquelle la psychologie académique a si peu progressé.

Je pense, quant à moi, que notre esprit est étendu dans l’espace, et aussi dans le temps. Nos intentions s’étendent vers le futur. Par exemple, votre intention de rentrer demain à Paris met en œuvre tout un plan qui s’étend dans l’espace et dans le temps, avec des sortes de pseudopodes mentaux.

N. C. : Cela fait penser aux recherches de l’Institut des Sciences Noétiques, en Californie...

R. S. : Oui, j’en d’ailleurs fait partie... Ces extensions existent, même si nous ne les comprenons pas. Le problème des précognitions, c’est qu’elles ne peuvent être reconnues comme telles qu’après coup. Jusque-là, ce sont des probabilités. Beaucoup de prémonitions supposées s’avèrent fallacieuses. Il m’est arrivé d’être persuadé que le vol où je venais de m’embarquer allait s’écraser - au point de prévoir ce qu’allaient devenir mes enfants, bientôt orphelins de père. Voilà les difficultés.

Par contre, l’expérience de “se sentir observé” a fait l’objet de centaines et de centaines de tests qui ont été vraiment positifs...

Théorie des champs morphiques

Théorie selon laquelle toutes les formes, minérales ou biologiques, comportementales ou psychiques, obéiraient à des “champs” inconnus de la science actuelle. De nature non énergétique, ces champs constitueraient une mémoire des formes, régie par des lois de résonance dont la plus frappante est que plus la matérialisation d’une forme se répète, plus son champ se renforce, par delà l’espace-temps. Plus un produit se cristallise souvent, plus la forme de son cristal est stable ; plus les gens font du vélo, plus l’apprentissage du vélo est facile ; et une société qui inventerait une attitude radicalement nouvelle influencerait toute l’humanité, même si elle était isolée sur une île inconnue.

Site du Rupert Sheldrake : www.sheldrake.org

 

 

Rédigé par Marie Jose A

Publié dans #des personnes - des articles - des engagements qui m

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Miche 12/11/2010 03:17


J’avais déjà lu cet article, et le relisant sur votre blog, je suis étonnée que Sheldrak qui produit la théorie des champs morphiques, puisse buter sur la question de la prémonition et de
l’intuition.
A ce niveau de représentation du monde, ou encore celui de physique quantique, passé et avenir ?
Dans ce monde qui échappe aux raisonnements du penseur, il semble bien que tous les temps sont là …