La perception du réel Un entretien avec le Dr. Deepak CHOPRA

Publié le 26 Juillet 2011

La perception du réel

 

 

Un entretien avec le Dr. Deepak CHOPRA, M.D. Au SEATLE CENTER, le 18 mai 1991.

 

Ce matin, je voudrais vous donner un bref aperçu du mécanisme quantique du mental corporel, pour au moins essayer de comprendre la nature exacte du corps ainsi que la nature exacte du Corps Cosmique. Nous utilisons des mots tels que esprit, corps et univers, mais quelle est la nature exacte de ces choses ? Qu'est-ce que l'esprit, qu'est le corps, quelle est la nature exacte de la réalité physique ? Comme les enfants, nous ne cessons de questionner: « Où étais-je avant de naître ? Qu'est-ce que je fais là ? Que se passe-t-il après la mort ? Suis-je limité à mon corps physique ? Ne suis-je qu'un égo enfermé dans un sac de chair et d'os ? Qu’est-ce qui m’arrive réellement ? Ai-je une localisation spécifique ? À quel endroit je vis dans cet univers ? »

 

Il est intéressant de noter que la science d'aujourd'hui commence à se poser les mêmes questions. Après tout, la science n'est qu'une quête vers la vérité et pour de vrais scientifiques, ces questions sont essentielles.

 

Une des choses intéressantes découverte par la science et qui devrait demeurer évidente tout au long de notre propos, c'est que ce que nous appelons perception, ce que nous voyons, entendons, touchons, goûtons et sentons est en réalité le test le moins fiable concernant la détermination de la réalité. Nous ne pouvons absolument pas faire confiance à nos sens !

 

En effet, les sens nous disent toujours que la terre est plate alors que nous savons aujourd'hui que ce n'est pas crédible. Les sens nous disent que le sol sur lequel nous nous tenons est stationnaire alors que nous savons que la terre tourne à des vitesses ahurissantes, lancée à travers l'espace à des milliers de kilomètres à l'heure. Les sens nous disent que les choses ont un certain goût, une certaine odeur, certaine texture. Il est bien possible quelles ne soit pas exactement comme cela.

 

Il y a une vingtaine d'année, une expérience fut menée à la Medical School de Harvard.

Des scientifiques prirent quelques chatons et les placèrent dans une pièce ne comportant que des raies horizontales. Tous les repères visuels de la pièce étaient horizontaux. Un autre groupe de chatons fut placé dans une pièce ne comportant que des raies verticales. Lorsque les chatons furent devenus adultes, il apparut que l'un des groupes de chats ne pouvait voir qu'un monde horizontal. L'autre groupe ne pouvait voir qu'un monde vertical. Et cela n'a rien à voir avec le système de croyance de ces chats.

 

Il s’agit d'un phénomène*2 que les psychologues appellent le référentiel cognitif prémature. Prémature parce qu'il s'élabore à un moment très précoce du développement.

Cognitif, parce ce qu'il détermine la manière dont le monde est connu. Et référentiel parce qu'il fixe dans une réalité particulière, il emprisonne dans un mode fixé de perception.

 

Il existe de nombreuses variantes de ces expériences. En Inde, pour dresser un éléphant, on prend un jeune encore bébé que l'on attache avec une chaîne d'acier à un gros arbre. Puis, on réduit progressivement la taille de la chaîne et de l'arbre. Finalement, on peut attacher l'éléphant devenu adulte à une plante verte à l’aide d'une corde fine ; pourtant, l'éléphant n'est pas capable de s'enfuir. Dans son mental corporel, il a créé un référentiel selon lequel il est dans une prison !

 

Vous pouvez également faire une expérience très simple. Prenez quelques mouches et placez-les dans un pot. Après un moment, enlevez le couvercle du pot et vous verrez qu'à part quelques pionnières, la plupart des mouches ne seront pas capables de s'échapper. Elles ont créé un référentiel dans le mental de leur corps selon lequel elles sont en prison.

 

Les gens qui travaillent dans les aquariums vous diront que vous pouvez facilement séparer les poissons les uns des autres. Ils sont dans des aquariums de verre et les séparations sont faites de cloisons transparentes également en verre. Après un moment, vous pouvez enlever la cloison de séparation. Le poisson va près de l'endroit où se trouvait la séparation puis il s'en va. Ils ont conçu un référentiel selon lequel ils ne peuvent pas aller plus loin. Toutes ces expériences - il en existe de nombreuses variantes - mettent en avant un fait très crucial concernant le mécanisme de la perception. C’est que nos expériences sensorielles initiales et la manière dont nous les interprétons ou dont elles sont interprétées pour nous, structurent véritablement l'anatomie et la physiologie intime de notre système nerveux d'une manière telle que finalement, le système nerveux ne sert qu’une fonction : maintenir le renforcement de l'interprétation initiale. Tout ce qui ne vient pas renforcer l'interprétation initiale n'entre même pas dans le système nerveux. Ainsi, si vous n'avez pas le concept, la notion ou l'idée que quelque chose existe, votre système nerveux ne le considérera même pas.

 

C'est un fait très bizarre parce qu'il nous dit qu'avec des parcelles d'expérience sensorielle, nous ne serons jamais capables de comprendre l'ensemble. Jamais nous ne le pourrons. Après tout, I'oeil humain peut distinguer seulement entre 380 et 500 milliardième de mètres. Entre 360 et 370, il ne remarque rien. Cela n'existe pas pour nous.

 

Il en est ainsi pour les autres sens. Cela n'est pas seulement vrai pour l'espèce humaine mais pour toutes les espèces. Une abeille, par exemple, ne possède pas l'appareillage lui permettant de distinguer les longueurs d'ondes que vous et moi percevons habituellement.

Elle perçoit l'ultra-violet. Lorsqu'une abeille regarde une fleur à distance, elle ne voit pas une fleur. Elle voit le miel mais ne remarque absolument pas la fleur. De même, un serpent expérimente des infra-radiations ne signifiant rien pour vous et moi. Une chauve-souris expérimente cela sous forme d'écho d’ultrason qui pour vous et moi ne signifient rien non plus. Et les globes oculaires du caméléon pivotent sur deux axes différents. Vous ne pouvez, même de très loin, imaginer à quoi ressemblent les choses pour un caméléon.

 

Ainsi quelle est la nature réelle du monde ? De quoi est-il réellement fait ? Nous ne pouvons nous fier à nos sens. Ils nous donnent une vue très altérée. Ils divisent cette totalité en un petit fragment que nous appelons réalité. Il se trouve que nous nous accordons à son propos. Nous l’appelons même « réalité objective » et pour l'explorer, nous utilisons une vaste méthodologie que nous appelons « science ». Si vous comprenez vraiment ce qu’est-la science, alors la science - au moins jusqu'à présent - n'a pas été une méthode pour explorer la vérité. La science a été une méthode pour explorer la représentation commune de ce que nous pensons être la vérité. Et la carte n’est pas le territoire. Le territoire que nous explorons est vraiment une extension de la carte que nous possédons. Si notre carte est incomplète, alors ce qui ne se trouve pas à l'intérieur de la structure de cette carte nous échappe et nous ne pouvons l'explorer.

 

Sir John Eckles, qui reçut le prix Nobel de physiologie et de médecine il y a quelques  années fit cette déclaration : « Je voudrais que vous compreniez qu'il n'y a pas de couleurs dans le monde réel. Il n'y a pas de beauté, il n'y a pas de laideur. Rien de tout cela. Dehors, c'est un chaos de soupe et de champs énergétiques. Réellement. Nous prenons cela et quelque part en nous-mêmes, nous créons un monde. Cela se passe quelque part en nous-mêmes. » Ce n'est absolument pas en dehors ! Allez trouver un physicien et demandez lui de quoi tout cela est fait. Il vous dira qu'à la source de l'existence de toute chose existent seulement quatre forces de base : la gravité, une forte interaction, une faible interaction, et de l'électromagnétisme. La gravité est ce qui nous maintient sur le sol, qui fait bouger les planètes et les maintient toutes ensemble. La forte interaction maintient l'unité du noyau d'un atome. Si vous parvenez à le rompre, vous obtenez une explosion nucléaire.

La faible interaction est une force responsable de la transmutation des éléments et de l'altération radioactive. Enfin, l'électromagnétisme est ce que nous expérimentons sous forme de lumière, chaleur et électricité. Demandez à un scientifique : « Y a-t-il quelque chose d’autre ? » et il vous il dira: « Non, il n'y a rien d'autre. Tout ce qui existe hors d'ici est constitué par ces forces. » Et même, à l'extrême, ces forces proviennent d'une force unifiée que les scientifiques appellent aujourd'hui le Champ Unifié. Et toutes les choses qui sont là, les étoiles, les galaxies, les fleurs, les êtres humains, tout ce qui existe correspond à ces forces de nature.

 

Alors, qu'est ce que le monde matériel ? Le monde matériel est un fil issu de ces forces et les fils de l'intelligence qui tissent la matière particulaire existent de fait en nous-mêmes.

Nous sommes les créateurs de ce monde, littéralement.

 

En Inde, il m'est arrivé d'être témoin d'une conversation intéressante entre un maître spirituel et son disciple. À un moment, le disciple regarda son maître et dit : « Je ne sais rien de vous. Vous devez vivre dans un monde différent. » Et le maître de répondre : « Non. Nous vivons exactement dans le même monde. La seule différence, c'est que vous vous voyez dans le monde et que moi, je vois le monde entier en moi. Voilà le glissement mineur de perception que vous devez accomplir. »

 

Parlons donc de ce minime glissement de perception. Parce que notre compréhension actuelle est que ce monde est constitué de matière qui existe dans l’espace et dans le temps. Que même les corps humains ne sont rien d'autre que des particules ou des morceaux de matière. Que le corps humain est une machine physique qui d'une façon ou d'une autre, a appris à penser. Que c'est la danse des molécules qui crée l'épiphénomène* de la conscience : pensées, sentiments, émotions, désirs, concepts, idées, philosophies, dogmes, religion. Toutes ces choses. La poésie est l'expression de la danse des molécules.

D'une manière ou d'une autre, ces molécules se mobilisent et nous obtenons cet épiphénomène appelé pensée. Nous avons des machines physiques qui ont appris comment penser. Et bien entendu, cette superstition est également particulièrement envahissante dans le monde médical contemporain. Nous sommes fondamentalement englués dans la superstition du matérialisme qui. Nous dit que l'expérience sensorielle est le test décisif de la réalité. Par conséquent, toutes nos méthodes de guérison sont également fondées sur cette superstition.

 

 Nous avons des balles magiques pour le traitement de la maladie. Et nous avons des expressions telles que: « Plop, plop, fizz, fizz, oh quel soulagement ! » Où si vous ne croyez pas pouvoir tout manger, vous pouvez avaler deux comprimés d'Alka Seltzer. Si vous ne dormez pas la nuit, il y a la pilule du sommeil. Elle guérira l'insomnie. Vous vous sentez anxieux ? Il y a les tranquillisants. Ils vous donneront le calme. Vous avez une infection ?

Prenez un antibiotique. Il guérira le problème de l'infection. Vous avez un cancer ? Il y a la chimiothérapie, les rayons, la chirurgie. Si vous avez une douleur dans la poitrine, vous pouvez faire ingurgiter quelque nitroglycérine. Pour mieux dire, contourner le problème.

 

Ce sont les balles magiques supposées venir à bout de la maladie et améliorer votre santé, mais en fait, toutes ces balles magiques ne sont que des approches symptomatiques.

Elles soulagent les symptômes ou au mieux les masquent alors que le processus sous-jacent demeure inchangé. Parfois, elles interfèrent avec les mécanismes de la maladie. Ainsi, si nous savons comment se multiplient les bactéries, nous pouvons les tuer et venir à bout des infections. Si nous savons comment se multiplient les cellules cancéreuses, nous pouvons les tuer et ainsi venir à bout du cancer. Mais cela ne fonctionne pas parce que les mécanismes de la maladie ne sont pas l'origine de la maladie. Nous pouvons interférer avec les mécanismes de la maladie alors, la maladie trouvera une autre voie pour s'exprimer.

 

Par exemple, dans le syndrome HIV, une des causes principales de mort ne provient pas du virus du sida mais d'organismes antibio-résistants attrapés à l'hôpital. Il y a plusieurs années, l'Association Médicale de Californie entreprit une recherche révélant que plus de 100 000 personnes mouraient aux États-Unis à cause d'organismes résistant aux antibiotiques attrapés dans les hôpitaux. La cause première de la dépendance aux drogues dans le monde ne provient pas des drogues des rues venant de Colombie mais des prescriptions médicales tout à fait légales. Et en dépit du fait qu'il y a dans ce pays plus de gens ayant fait des recherches sur le cancer que de gens ayant eu le cancer, l'incidence du cancer a malgré tout augmenté au cours des trois dernières décennies de 30 à 300 %, selon le type de cancer considéré. Selon une étude publiée dans le New England Journal of Medicine, 36 % des patients se trouvant dans un hôpital universitaire souffriraient de maladie iatrogénique, c'est-à-dire de maladies résultant d'une intervention de la biotechnologie médicale, maladie que le patient a contractée parce qu'il est allé consulter un médecin.

 

Donc, quelque chose ne va pas. Je ne veux pas donner l'impression que l'intervention de la biotechnologie médicale n'est d'aucune utilité. Elle est extrêmement utile dans les cas de maladie aiguë. Mais elle n’arrête pas l'expression d'ensemble de la maladie au sein de la population. Elle modifie simplement la manière dont elle s'exprime. Nous n'avons plus d'épidémies de polio, de tuberculose, de rougeole, de diphtérie ni de variole. Mais à leur place, nous avons une plus grande incidence de cancer et de maladie cardiaque, de problèmes dégénératifs et d'obésité. Si la scène d'ensemble n’a pas changé, c'est parce que le modèle du corps humain que nous avons structuré n'est pas le bon. Le corps humain n'est pas une sculpture figée, fixée dans l'espace et dans le temps. Le corps humain est un ensemble d'énergie, d'information et d'intelligence qui se renouvelle constamment et échange avec le champ plus vaste d'énergie, d'information et d'intelligence que nous appelons l'univers. En fait, si nous pouvions réellement voir le corps humain tel qu'il est, non pas à travers l'artefact de l'expérience sensorielle, il nous apparaîtrait beaucoup plus passionnant.

 

Le philosophe grec Heraclite comparait le corps humain à une rivière. Il disait qu’une rivière est une chose vraiment mystérieuse. Lorsque vous regardez une rivière elle vous semble toujours la même, alors qu'en fait, elle change à chaque seconde de son existence, ce n’est pas la même rivière. Il disait qu'il est impossible de marcher deux fois dans la même rivière parce que l'eau se renouvelle sans cesse.

 

Cela est également vrai du corps humain. Si vous pouviez comprendre votre corps tel qu'il est réellement, vous verriez qu'il est tout à fait vrai que vous ne pouvez marcher deux fois avec la même chair ni les mêmes os parce qu’à chaque seconde de votre existence, votre corps se renouvelle, se modifiant plus rapidement, avec moins d'effort, plus spontanément et plus facilement que vous changez de vêtements. Nous pouvons considérer nombre de processus : la nutrition, la respiration, la digestion, le métabolisme, l'élimination, mais imaginons plus fondamentalement, le mouvement de la conscience qui s'exprime dans ces processus et vous constaterez comment sans effort, avec quelle facilité vous pouvez modifier votre corps et qu'en fait, ces choses se font à longueur de temps.

Les corps physiques que vous utilisez pour vous tenir assis sur ces chaises, par exemple, ne sont pas ceux avec lesquels vous marchiez il y a quelques minutes. Rien qu'en une inspiration, vous inhalez 10 puissance 22 atomes. Une somme colossale de matériaux bruts qui atterrissent dans votre cœur et les cellules de votre cerveau, de vos reins, vos neurones, votre ADN. A chaque respiration, vous rejetez 10 puissance 22 atomes. C'est un nombre astronomique de matériaux bruts provenant des parties les plus reculées de votre corps. Ce sont littéralement des particules et des pièces de vos tissus cérébraux, cardiaques et rénaux que vous rejetez ainsi. À vrai dire, techniquement parlant, nous partageons tous intimement nos organes, à longueur de temps.

 

Le poète américain Walt Whitman dit: « Chaque atome vous appartenant m'appartient également. » Et ce n'est absolument pas une constatation métaphorique. « Chaque atome vous appartenant m'appartient également. » Je ne peux même pas considérer mon corps comme étant le mien. Or j’essaie de considérer toute chose comme mienne. Je ne peux même pas réclamer de copyright pour mon propre corps. Juste à cet instant, vous avez dans votre corps un million d'atomes qui se sont trouvés une fois dans le corps du Christ. En se fondant sur les études des isotopes radioactifs et sur des calculs mathématiques, on peut facilement montrer qu'en ce moment de votre existence, vous avez des millions d'atomes qui se sont trouvés une fois ou l'autre dans le corps du Christ, dans le corps de Gautama Bouddha, de Léonard de Vinci, de Michel Ange, ou de M. Saddam Hussein. Vous ne pouvez vous séparer de quoi que ce soit de physique ou de quiconque ayant jamais existé.

 

Rien que dans les trois dernières semaines, un quatrillion d'atomes - 10 puissance 15 atomes - sont partis de votre corps et ont traversé les corps de chaque espèce de cette planète. Et des études radio isotopiques sérieuses prouvent sans le moindre doute qu'en moins d'une année, vous remplacez 98 % de tous les atomes de votre corps. Vous élaborez un nouveau foie toutes les six semaines, une nouvelle peau tous les mois, une nouvelle paroi d'estomac tous les cinq jours, un nouveau squelette - il semble si dur et solide, mais le squelette qui est le vôtre aujourd'hui, vous ne l’aviez pas il y trois mois. Même les cellules du cerveau que vous pensez constituées d'éléments de base tels que carbone, hydrogène, azote et oxygène n'étaient pas là il y a un an. Et même l'ADN qui détient la mémoire de millions d'années d'évolution - en fait des centaines de millions d'années, son vrai matériau brut se renouvelle toutes les six semaines. Ces atomes vont et viennent comme des oiseaux migrateurs toutes les six semaines.

 

Et si vous voulez être très rigoureux et compter jusqu'au dernier atome de chaque petit tendon de collagène et de cartilage, alors en moins de deux ans et demi vous remplacez tous les atomes de votre corps, jusqu'au dernier. Alors si vous pensez être votre corps matériel, vous voilà avec un sérieux dilemme sur les bras. De quel corps parlez-vous ? Le modèle 1991 n'est pas le même que le modèle 90, lui-même différent de celui d'il y a quelques mois.

 

Ainsi, je me tiens devant vous avec mon modèle 1991, sans avoir conscience que je n’étais pas là l’an dernier. Je ne ressens pas que je n'étais pas là il y a deux ans. Peut-être existe-t-il une plus grande réalité du corps physique. Peut-être le corps physique est-il ce que les Rishis* de l'Inde appellent maya, illusion, qui nous donne l’apparence de quelque chose alors qu'en fait, au-delà du masque de la mortalité, il y a autre chose. Au-delà de cette façade de mortalité il y a quelque chose d'autre qui survit à l'expression physique du corps physique.

 

Je me tiens là avec un corps physique, mais j'ai des souvenirs et des espoirs, des aspirations et des idées, des rêves qui étaient là l’an passé, qui étaient là il y a deux ans. Ils changent également mais pas si rapidement que mon corps physique. La durée de vie de mes émotions est un peu plus longue que la durée de vie de mes molécules.

 

Ainsi, peut-être le corps est-il simplement l'endroit que mes mémoires appellent foyer pendant le temps d'existence. Peut-être l'ADN est-il juste l'endroit que ma mémoire évolutionnaire appelle foyer pendant le temps d'existence. Peut-être ne suis-je pas les molécules physiques qui ont créé la machine ou créé l’épiphénomène de la conscience.

Peut-être suis-je la conscience elle-même ayant appris comment créer la machine physique.

Peut-être suis-je une force d'intelligence provenant de ce même champ unifié fabriquant les étoiles, les galaxies et les forêts tropicales. Il se peut que je vienne également de ce même lieu. Et peut-être ce lieu n'est-il jamais né, n’est-il jamais mort et a, en fait, toujours été là.

J'ai tout simplement momentanément oublié.

 

Et c'est exactement ce que les scientifiques commencent à entrevoir. Les scientifiques commencent à saisir que les pensées ne sont pas le produit de molécules, mais que les molécules sont en fait structurées par des fluctuations d'informations au sein d'un champ d'information infinie. Que ce champ est conscience, qu'il est le phénomène, la matière étant l'épiphénomène. Il est conscience qui conçoit, gouverne, construit et devient réellement matière physique. Au cours de ces dernières années, ont été publiées d'extraordinaires recherches dans ce domaine, provenant de prestigieuses universités, d’écoles médicales et d'endroits tels que le National Institue of Health. Il y a à peu près vingt ans, on a découvert par exemple, que nos pensées et nos sensations comportent un substrat* physique.

Lorsque vous pensez une pensée, vous fabriquez une molécule. Penser, c'est pratiquer la chimie du cerveau. De plus, ces pensées sont traduites en molécules très précises connues sous le nom de neuropeptides. Neuro, parce qu’on les a d'abord trouvées dans le cerveau. Et peptides parce que ce sont des molécules ressemblant à des protéines. Pensées, sentiments, émotions et désirs sont traduits en flux de neuropeptides au sein du cerveau.

 

Vous pouvez vous représenter ces neuropeptides comme de petites clés qui s'ajustent à de très précises serrures appelées récepteurs sur la paroi cellulaire ou autres neurones.

Ainsi, une partie du cerveau ne parle pas à une autre partie du cerveau en anglais avec un accent indien, mais dans le langage précis des neuropeptides.

 

On découvrit ensuite quelque chose d'absolument fascinant : des récepteurs pour les neuropeptides existent non seulement dans les cellules du cerveau, mais également dans les autres parties du corps. Ainsi, lorsque les scientifiques commencèrent à chercher les récepteurs à neuropeptides dans les cellules du système immunitaire, par exemple – Cellules T, cellules B, monocytes et macrophages -lorsqu'ils commencèrent à les examiner, ils découvrirent que sur la paroi de toutes ces cellules, existaient des récepteurs pour les mêmes neuropeptides que ceux servant de substrat moléculaire à la pensée.

 

Ainsi, vos cellules immunitaires sont-elles constamment à l'écoute de votre dialogue interne. Rien de ce que vous dites en vous-même -ce que vous faites à longueur de journée, même en dormant - n'échappe à l'attention des cellules immunitaires. Non seulement ça, mais on découvrit ultérieurement que les cellules immunitaires peuvent fabriquer les mêmes peptides que ceux fabriqués par le cerveau lorsqu'il pense. Nous arrivons maintenant à une découverte ahurissante, parce que si la cellule immunitaire fabrique les mêmes produits chimiques que le cerveau quand il pense, alors la cellule immunitaire est une cellule pensante. C'est un petit être conscient.

 

 En fait, plus vous l'examinez, plus vous constatez qu'elle se comporte comme un neurone. Elle fabrique les mêmes liaisons chimiques que celles utilisées par le cerveau pour l'émotion, la pensée, le sentiment et le désir. Une cellule immunitaire a des émotions. Elle a des désirs. Elle possède un intellect. Elle sait comment discriminer et se rappeler. Elle doit décider, lorsqu'elle voit un carcinogène « Est-ce un carcinogène ? Dois-je aller dessus ?

Puis-je le laisser aller ? Cette bactérie est-elle amie ? Dois-je aller dessus ou la laisser tranquille? » Elle doit se rappeler la dernière fois qu'elle a rencontré quelque chose. En fait, elle se rappelle la dernière fois que quelqu'un d'autre a rencontré la même chose. Vos cellules immunitaires peuvent immédiatement reconnaître toute chose jamais rencontrée par toute espèce vivante. Si vous êtes exposé au pneumocoque pour la première fois de votre vie, vos cellules immunitaires se rappellent encore la dernière fois que quelqu'un, quelque part à l'époque préhistorique a rencontré un pneumocoque et sait comment fabriquer l’anticorps qui lui est spécifique. Ce n'est pas seulement une cellule pensante, elle se souvient du passé au cours de l'histoire évolutive et pas seulement à propos de l'espèce humaine, mais également des autres espèces. Ainsi, si vous demandez à un bon neurologiste la différence entre une cellule immunitaire et un neurone, il vous dira qu'il n'y en a aucune. La cellule immunitaire est un système nerveux circulant.

 

Maintenant, comme si cette découverte n'était pas suffisamment ahurissante, les découvertes subséquentes de la science ont été encore plus intéressantes, parce que les scientifiques, où qu'ils regardent dans le corps, découvrirent les mêmes phénomènes. En examinant les cellules gastriques et intestinales, ils découvrirent les mêmes peptides. Les cellules gastriques fabriquent les mêmes liaisons chimiques que le cerveau quand il pense.

Bien évidemment, cela ne se fait pas verbalement comme pour une élite comme le cerveau, en ce sens qu'elles ne pensent pas en anglais ou en swahili, mais ce sont néanmoins des cellules pensantes. Lorsque vous dites: « j'ai un bon sentiment à propos de telle ou telle chose, » vous ne parlez pas du tout en termes métaphoriques. Vous parlez tout à fait littéralement parce que vos tripes fabriquent les mêmes produits chimiques que votre cerveau lorsqu'il pense. Vos sentiments viscéraux pourraient même bien être un peu plus fidèles parce que les cellules viscérales n'ont pas encore évolué jusqu'au stade du doute personnel.

 

Ce que la science découvre, c'est que nous avons un corps pensant. Chaque cellule de notre corps pense. Chaque cellule de notre corps est réellement un esprit. Chaque cellule a ses propres désirs et elle communique avec chaque autre cellule. La dernière nouvelle n'est pas la connexion entre esprit et corps, mais que nous avons un corps esprit simultanément, partout.

 

 Ainsi, lorsque vous dites: « j'en ai gros sur le cœur, » vous avez littéralement gros sur le cœur. Si un scientifique examinait l'intérieur du cœur, il le trouverait lourd de tristesse. Il le trouverait chargé de molécules tristes. Si vous dites: « j'explose de joie, » un scientifique pourrait examiner votre peau. Il la trouverait chargée d'imipramine, un antidépresseur qui a été utilisé par les psychiatres dans le traitement de la dépression. Si vous dites: « Je me sens euphorique, dilaté et joyeux, » et que j'examine votre sang, j'y trouverais une grande concentration d'interleukine et d'interféron, deux très puissantes drogues anticancéreuses.

 

Il y a environs deux ans, l'interleukine et l'interféron furent utilisées pour le traitement du cancer du rein et du mélanome. Le seul problème est qu'elles sont extrêmement coûteuses. Un des premiers traitements à l'interleukine pouvait vous coûter 40.000 dollars.

Mais cela vous permettait de faire une virée sur « la Montagne Magique » et également de fabriquer pour quelques millions de dollars d'interleukine. À condition évidemment que cela soit votre idée de l'amusement. En fait, ce n'est pas du tout la virée, c'est l'interprétation que vous en faites. Parce que si vous paniquiez au cours de cette virée, ce n'est pas de l'interleukine que fabriqueriez, mais du cortisol adrénaline qui est complètement l'opposé.

Elle détruit le système immunitaire.

 

Lorsque vous faites l'expérience de la tranquillité, votre corps fabrique du Valium, identique à celui de chez Hoffman Laroche, excepté qu'il est précisément dosé et ciblé pour les organes convenables. Il ne vous donne pas l'impression d'être un zombie. C'est un immuno-modulateur. Il module l'activité du système immunitaire. Même un tout petit peu, les cellules blanches savent comment fabriquer du Valium. Si vous êtes nerveux, alors votre corps fabrique des molécules d'agitation, de l'adrénaline, plus d'adrénaline, du cortisol. Et ils ne sont pas fabriqués seulement par les glandes surrénales. Ils sont fabriqués partout dans le corps. Les petites plaquettes fabriquent de l'adrénaline et elles se blottissent les unes contre les autres dans leur frayeur. Voilà comment démarre l'enchaînement de la coagulation.

 

Ainsi je pense que la première percée majeure en médecine, si c'est comme cela que nous désirons l'appeler, c'est que l'esprit s'est échappé du confinement au cerveau. Il n'est pas confiné dans le cerveau, il est partout dans le corps. Et comme si ce n'était pas suffisant, il semble qu'aujourd'hui, il dépasse le confinement du corps -au dehors de lui.

Notre esprit n'est même pas emprisonné dans notre corps. Il est complètement non local. Il est partout dans l'espace et dans le temps. En fait, notre esprit est une partie d’un champ d'information non localisé que nous pouvons seulement appeler l’esprit cosmique.

 

Le philosophe allemand Nietzsche dit: « Nous vivons avec la présomption que nous pensons alors qu'il est tout aussi. Possible que nous soyons pensés. » Et peut-être y a-t-il quelque chose pour cela. Ce que nous appelons Corps Cosmique de l'univers n'est peut être

qu'une projection de notre conscience collective. Nous avons appris à créer cela également.

Juste comme nous avons appris à créer le corps, nos avons appris à créer l'univers.

 

Il y a quelques années, les scientifiques se sont intéressés à un groupe d'hormones produites par des plantes: les phéromones. Ainsi, si vous infectez une plante, avec un gypsy moth*, par exemple, les plantes sécréteront dans l'atmosphère des hormones appelées phéromones informant immédiatement la forêt qu'il y a dans les environs des gypsy moths - soyez attentifs. Et le reste de la forêt se mettra immédiatement à fabriquer les anticorps appropriés pour se protéger. Une plante est consciente. Elle a reçu un esprit. Elle informe les autres : « voilà ce qui arrive, faites attention ! »

 

Les insectes communiquent également à l'aide de phéromones. Vous voyez les termites construire de parfaites colonnes dans l'obscurité, avec des arches qui se rencontrent au sommet, architectures parfaites. Comment font-ils ? Ils communiquent par phéromone. Le comportement sexuel et l’accouplement sont influencés par les phéromones.

 

Mais on a récemment découvert que ces phéromones peuvent également constituer le substrat moléculaire de nos émotions. Une expérience fut menée à Stanford, une expérience particulièrement cruelle dans laquelle on infligeait à des souris des chocs électriques. Après un certain temps, on enlevait les souris de la pièce. D'autres souris étaient amenées pour remplacer les premières et dès qu'elles entraient dans la pièce, elles manifestaient de la panique. Elle libérait des hormones de stress et du cortisol parce qu'elles avaient inhalé les phéromones de la peur.

 

Et maintenant, on sait que non seulement pour la plus simple des émotions que nous ressentons, existe une contrepartie, un événement moléculaire survenant à l'intérieur de notre corps, mais que nous libérons également ces phéromones dans notre environnement en tant que substrat d'information. Ainsi aujourd'hui lorsque vous dites: « En entrant dans cette salle, je sentis que l'atmosphère était vraiment tendue, » c'est physiologique. Quand vous dites : « En entrant dans ce lieu sacré, je ressentis de la paix, de l'amour et de la compassion, » cela est totalement compréhensible à partir d'un point de vue physiologique.

Vous dites : « Je ne sais pas ce qui se passe avec ce type, mais il me donne la chair de poule », c'est également complètement compréhensible.

 

Le philosophe Emerson, dit : « Ce que vous êtes frappe mon oreille tellement fort que je ne puis entendre ce que vous dites. » Il faisait une constatation physiologique tout à fait compréhensible à partir de la dynamique sur laquelle opère la neurobiologie. Ce que nous appelons l'univers est en fait un Corps Cosmique que nous avons créé exactement de la même manière que nous avons créé notre corps physique.

 

Et en fait, même si l'artefact de l'expérience sensorielle dit : « il y a un monde au dehors, totalement séparé de moi et il y a quelque chose là, c'est mon corps qui est séparé de cela, » ce n'est pas physiologiquement vrai. Nous ne sommes pas des égos enfermés dans une peau, emprisonnés dans un sac de chair et d'os. Nous sommes peut-être l'Esprit Universel lui-même. Il y a un Corps Universel celui que nous avons, il y a un Corps Cosmique, celui que nous avons, et nous partageons notre corps personnel et notre Corps Cosmique avec les autres, tout le temps. Et nous avons appris à créer les deux exactement de la même manière et nos Corps Cosmiques sont aussi indispensables à notre survie que nos corps personnels. Ils sont également nôtres.

 

Ainsi, voilà l'enseignement que j’ai reçu, je ne puis même pas m'en accorder le crédit. Je ne suis que le messager d'une très ancienne forme d'enseignement connu sous le nom de Véda et l'Ayurveda est l'art du Véda s'occupant de la santé, la santé de la nature. Et le Véda dit que si vous vous souvenez seulement de qui vous êtes, vous reconnaîtrez soudainement que vous êtes le Créateur.

 

Un prêcheur fondamentaliste rencontra une fois un védantiste* et ils parlèrent un moment. Après un moment, le fondamentaliste regarda le védantiste et dit : « Il me semble que vous êtes un athée. » Et le védantiste regarda de nouveau le fondamentaliste et lui dit: « Je m'employais à en être un, jusqu'à ce que je réalise que je suis Dieu. » Et bien entendu, cela offensa le fondamentaliste qui dit :

« Niez-vous la divinité de Jésus Christ ? » Et le védantiste dit : « Ciel ! Je n'ai jamais nié la divinité de personne ! Pourquoi le ferais-je pour Jésus Christ ? »

 

Cela constitue l'enseignement essentiel de la tradition védique et il a des applications très pratiques. Le Véda dit : « Tel est l'atome, ainsi est l'univers ; tel est le microcosme, ainsi est le macrocosme ; tel est le corps humain, ainsi est le Corps Cosmique ; tel est l'esprit humain, ainsi est l'Esprit Cosmique. » Si le mot « Esprit Cosmique, » vous gêne, nous pouvons l'appeler plus simplement « champ non local d'information avec boucles de feedback cybernétiques autoréférentes. » J'ai récemment donné des conférences dans des écoles médicales, les gens étaient à l'aise avec cette définition.

 

 Nos corps sont littéralement la musique de la nature. Nous avons là une symphonie, partie de la symphonie qui a de tout temps existé. Le Véda dit : « Au-delà du masque de l’immortalité se trouve ce corps mécanique quantique, ce subtil Corps Causal, quelque chose que vous avez toujours eu. Vous l'avez toujours eu. Le feu ne peut le consumer. L'eau ne peut le mouiller. Le vent ne peut le sécher. Les armes ne peuvent le fendre. Il n'est jamais né et il ne mourra jamais. »

 

Y a-t-il quelques fondements pour cela ? Aujourd'hui, nous pouvons constater que nous avons ces fondements. Si vous pouviez voir le corps à nouveau comme le physicien le voit, tout ce que vous verriez, ce sont des atomes. Et si vous pouviez voir les atomes tels qu'ils sont réellement, et non à travers l’artefact de l'expérience sensorielle, vous pourriez voir ces atomes comme des particules se déplaçant à la vitesse de l’éclair au sein d’immenses espaces vides. Ces particules ne sont pas du tout des objets matériels. Ce sont des fluctuations d'énergie et d'information au sein d’un immense vide d'énergie et d'information.

Si je pouvais voir votre corps sans l'artefact sensoriel, je discernerais un immense vide avec quelques rares points et quelques décharges électriques aléatoires ici ou là et je verrai que 99,999999 % de votre corps est de l'espace vide! Et le 0,000001 % qui apparaît comme de la matière est également de l'espace vide.

 

Ainsi, tout cela n'est qu'espace vide. La question est alors : « Qu'est-ce que l'espace vide? » S’agit-il d'un vide de rien ou d’une plénitude d'intelligence non matérielle ? En fait, il s'agit d'une plénitude d'intelligence non matérielle... ou d'information qui influence sa propre expression. Et avec cette définition, il devient très évident que cet espace vide n'est pas vacuité de rien mais matrice de création. Et la nature revient exactement à ce même endroit, pour façonner une galaxie et une forêt tropicale ou pour façonner une pensée. C'est le même endroit. Et il se trouve en dedans de nous, il est notre espace interne qui donne source avec une fertilité ahurissante à toutes ces choses pour nous si cruciales : le vrai, le faux, Dieu, le paradis, le péché, le salut, la damnation, la grâce. Tout cela vient du même endroit. Nous sommes cela ! C'est juste là. En ramenant cela à la guérison quantique, en ramenant cela à la perspective toute entière de la guérison quantique, nous voyons à quel point tout cela est pratique. Parce que nous devons commencer à comprendre que le corps n'est finalement, réellement, qu'un champ d'idées. L'univers n'est également qu'un champ d'idées, littéralement un champ.

 

Il y a vingt ans, un scientifique du nom d'Herbert Specter réalisa une expérience. Cela se passait dans le département de biologie moléculaire du National Institute of Health. Au cours de cette expérience particulière, il injecta à des souris un produit chimique appelé Polyisee qui stimule le système immunitaire. En même temps, il fit sentir aux souris du camphre. Après un certain temps, les souris stimulaient leur système immunitaire en sentant simplement le camphre. Il prit d'autres souris et leur donna du psychlophosphamide, produit chimique qui détruit le système immunitaire, et leur fit en même temps sentir du camphre.

Ainsi, lorsqu'elles sentaient le camphre, elles détruisaient leur système immunitaire. Nous avons maintenant deux groupes de souris. Un qui stimule son système immunitaire en sentant le camphre, un qui détruit son système immunitaire en sentant le camphre. Si à l'un des groupes vous donnez du pneumocoque, elles attrapent la pneumonie et meurent très rapidement. Si vous leur donnez un carcinogène, elles attrapent le cancer et en meurent très rapidement. Dans l'autre groupe, il ne se passe rien. Et quelle est la différence essentielle entre survie et mort pour ces souris ? C'est l'interprétation que fait la mémoire de l'odeur du camphre. Cela est-il signifiant Pour nous ? Parions que oui parce que, comme ces souris, nous nous sommes conditionnés pour répondre d'une certaine manière à notre mémoire.

Nous associons les stimuli à certains souvenirs et à chaque fois que nous sommes exposés à ces stimuli, nous réinterprètons l'univers et nous-mêmes en fonction de ces souvenirs. Nous devenons les victimes de la répétition de vieux souvenirs éculés.

 

On estime que l'humain moyen a 60 000 pensées par jour. Cela n'est pas surprenant. Ce qui est déconcertant, c'est que 90 % des pensées que vous avez aujourd'hui sont celles que vous aviez hier.

 

Ainsi, à travers le même mécanisme, nous maintenons en création et devenons prisonniers de réflexes conditionnés et de réponses constamment déclenchées par les gens et les circonstances, produisant les mêmes réponses chimiques prévisibles et en fin de compte, les mêmes réponses comportementales aboutissant aux mêmes schémas de maladie, de vieillissement et de mort. Nous prenons nos expériences sensorielles pour le réel. Le sage, prophète Audishankra, qui selon la tradition védique Indoue vécut très très longtemps dit : « La raison pour laquelle nous avançons en âge, vieillissons et mourons, c'est que nous voyons les autres avancer en âge, vieillir et mourir. Et ce que nous voyons, nous le devenons. » Ce que nous voyons, nous le devenons, parce que nous le considérons comme vrai. Nous ne pouvons plus voir le monde avec des yeux neufs. Et dans les Sutras de Shiva* vieux de plusieurs milliers d'années, le yogi de tous les yogis, Shiva lui-même dit : « Si vous voulez recréer le monde, alors regardez-le avec un regard neuf ». C'est vraiment le bon moyen. Regardez sans le camouflage de vos souvenirs. Un vrai yogi dit : « j'utilise mes souvenirs, mais je ne laisse pas les souvenirs m'utiliser. »

 

Encore dans les Sutras de Shiva, le Dieu Shiva dit : « Que ce soit une belle personne ou un objet ordinaire regarde-les comme si c'était la première fois. » Combien de gens peuvent faire cela ? Parce que nous avons oublié de nous mettre en contact avec celui que nous regardons. Nous ne sommes qu'un amas de réflexes conditionnés. Le résultat de nos pensées et de nos sentiments. Mais qui a ces pensées et ces sentiments ? Celui qui a ces pensées et ces sentiments n'est pas la pensée. Celui qui a ces sentiments est le silence entre les pensées. Celui qui a ces sentiments, c'est la Conscience elle-même. Mais la Conscience n’est pas pensée, source de la pensée. Récemment, j'ai eu un patient à qui était arrivé une histoire vraiment étonnante. Je désire juste vous donner quelques histoires de cas pour vous montrer combien tout cela est significatif. En fait ce n'est pas signifiant seulement pour la survie d'une espèce, mais pour la survie de notre planète.

 

Ce jeune patient, un jour qu'il réparait une antenne sur un toit, saisit un câble, mais ce câble était sous tension, 12.000 volts. Il fut immédiatement électrocuté. Le mécanisme mortel dans ce cas, c'est une fibrillation ventriculaire, un événement électrique au sein du coeur.

 

Il tomba du toit d'une hauteur de quatre mètres cinquante et par chance, le choc se produisit juste à l'endroit de la poitrine et avec la direction et la force requises pour provoquer une défibrillation et le redémarrage du coeur. Ainsi, c’est comme si Dieu l'avait appelé puis avait changé d'idée. Alors je lui demande : « Bob, qu'est-ce qui s'est passé ? »

Il répond : « Je suis tombé dans le vide. » Je demande : « Qu' y avait-il dans le vide ? » Il répond : « Il y avait une joie pure et illimitée. C'était une félicité totale, absolue. » Je lui demande : « Y avait-il des pensées ? » « Non, je n'avais pas d'esprit. » « Aviez-vous un corps ? » « Non, je n'avais pas de corps. » « Alors, qu'est-ce qu'il y avait ? » Il dit : « J'étais juste conscient. » Vous lui demandez : « De quoi étiez-vous conscient ? » « J'étais conscient que j'étais conscient, mais c'était du pur éveil. J'étais totalement et complètement impliqué dans l'expérimentation de mon immortalité. »

 

Tant et si bien qu'il ne sait plus aujourd'hui ce qu'est la peur. En fait, non seulement il eut la chance de faire cette expérience, mais comme un vrai scientifique, il a immédiatement commencé l'expérimentation de ce champ de pure conscience. Il était tombé dans le vide, maintenant, il savait comment se glisser dedans et à partir de là, il porta son attention sur sa jambe qui avait complètement brûlé. Il n'y avait plus de muscle, rien. Le fémur était à l'air libre. Après deux ans, en plongeant dans le vide, projetant sa conscience à partir de là, il réussit à reformer une nouvelle extrémité. Parce qu'il avait trouvé l'endroit d'où tout est créé. C'est son propre Moi.

 

Et où se trouve le Moi ? Est-il dans le cerveau ? Est-il dans le corps ? Où est-il ?

Parce que c'est vraiment la seule expérience importante, celle qui concerne l'enseignement védique. C'est la seule expérience importante. Les Rishis disent : « Tous vos problèmes existent parce que vous n'avez jamais été attentifs à vous-même, seulement à vos expériences. » Et vous n’êtes pas vos expériences. Vous êtes celui qui a les expériences.

L'illumination n'est pas une autre expérience. C'est la découverte du facteur intemporel dans chaque expérience. Et qui est le facteur intempo-rel ? C'est vous !

 

Où est le Moi ? Les scientifiques sont à sa recherche depuis bien longtemps. Le Dr Penfield, neurophysiologiste et neurochirurgien du Canada, également lauréat du prix Nobel, lorsqu'il opérait ses patients il devait ouvrir le crâne et regarder à l'intérieur. Au cours de certaines opérations, il prit une électrode et stimula certaines parties du cerveau.

 

En stimulant certaines parties du cortex moteur, le bras du patient commençait à s’élever. C'est la partie contrôlant le mouvement. Il demandait au patient ce qui se passait et le patient répondait: « mon bras s'élève. » Et alors il demandait: « c'est vous qui bougez votre bras ? » Le patient disait : « Non, il bouge tout seul. » Alors, il demandait: « OK. Maintenant, bougez-le. » Et le patient mobilisait son bras.

 

Quelle que soit la manière dont vous regardez, vous ne trouverez jamais le preneur de décision dans le cerveau. Vous n'y trouverez que l'exécutant des décisions. Dans le cerveau par exemple, le cortex moteur, c'est l'endroit qui exécute les commandements. Mais où se trouve le commandant ? Vous ne pouvez le trouver. Il n'est pas local. Il est partout ou nulle part selon votre perspective. Il est partout et nulle part en même temps. Et c’est qui vous êtes ! C’est qui vous êtes. Vous êtes partout et nulle part en même temps. Vous n'avez pas d'adresse locale.

 

Et vous n'êtes pas non plus prisonnier de votre corps physique. Lorsque le Rishi se comprend finalement à partir de son expérience de l'immortalité, il dit : « Lorsque je suis dans cet état, je sais avec certitude que mon état réel est cette absolue conscience. Cette félicité qui me suit partout où je vais. C'est plus proche de moi que mon corps et il n'y a pas de passé parce que ce que je cherche est si proche, qu'il n'y a pas de place pour le passé. Ce que je cherche, c'est celui qui poursuit la quête. Il est plus proche de moi que mon corps, plus proche de moi que mon esprit. Il me suit où que j'aille et lorsque je sais cela, je suis en état de félicité. » Ce n'est pas du bonheur. Il y a des raisons au bonheur. Vous êtes heureux pour une raison. Mais lorsque vous êtes heureux sans aucune raison quelle qu’elle soit, alors vous êtes en état de béatitude. Lorsque vous êtes enraciné dans cette béatitude, alors vous reconnaissez que vous n'êtes pas dans le corps, le corps est en vous. Vous n'êtes pas dans l'esprit, l'esprit est en vous. Vous n'êtes pas dans cet univers, l'univers est en vous. Corps, esprit, univers se produisent pour vous parce que vous les trouvez intéressants. C'est tout.

C'est l’ultime guérison quantique qui débarrasse une fois pour toute de la maya de la mortalité, de la façade et de la superstition du matérialisme. Lorsque les gens s'enracinent dans cette expérience, alors ils perdent toute peur, y compris la peur de la mort.

 

Le poète Tagor dit : « C’est juste un souvenir. » Et ce souvenir, de nouveau, ne vient pas en allant dehors. Il vient en allant dedans, en faisant ce travail intérieur, en allant en dedans, en se souvenant. Il vient en se rappelant ce Témoin Silencieux qui était avec vous.

Il y a une partie de vous qui était avec vous lorsque vous êtes né. Elle était avec vous lorsque vous étiez enfant. Elle était avec vous pendant l'adolescence. Elle est toujours là, attentive. Elle est indépendante de toute expérience. C'est le Témoin Silencieux intérieur.

 

 Tagor, dans l'un de ses célèbres poèmes disait: « Je ne fus pas conscient du moment où je traversais pour la première fois le seuil de cette vie. Quelle était cette puissance qui me poussa dans ce monde au milieu de la nuit comme un petit bourgeon qui s'ouvre dans la forêt à minuit ? Et alors, le matin lorsque je regardai la lumière, je ressentis que je n'étais pas étranger dans ce monde. Que l'inscrutable sans nom ni forme m'avait pris dans ses bras comme ma mère. Quand bien même au moment de la mort, je marcherai dans le même inconnu qui a toujours été connu de moi. »

 

 Ce n'est pas de l'inconnu que nous avons besoin pour nous effrayer, parce que c'est ce que nous vivons à longueur de temps. Ce dont nous avons besoin pour nous effrayer, si toutefois nous avons besoin de quelque chose, c'est du connu ! Parce que le connu, ce sont les modèles rigides de nos conditionnements du passé qui nous emprisonnent dans une prison d’espace et de temps et de relation de cause à effet - et nous restreignent au volume de notre corps et la durée d'une vie. Alors que ce n'est pas ainsi que sont les choses.

 

Il dit : « parce que j'aime cette vie, je sais que je n’ai pas à craindre la mort. L'enfant pleure lorsque sa mère le sépare du sein gauche, seulement pour découvrir l’instant suivant la consolation dans le droit. Espace, temps, matière, énergie sont tous engendrés par des fréquences d'interaction personnelle. Me recourbant sur moi-même, je crée sans cesse. En définitive, je ne suis rien de tout cela, je suis le Champ lui-même. »

 

Dans la Gita, le dieu Krishna, parlant d’Arjuna dit : « Considère toi comme le champ et le connaissant du champ. » Le poète Rumi dit : « Au-delà des idées de bien faire et de mal faire, il y a un champ. C'est là que je vous rencontrerai. »

 

 Ainsi, je voudrais terminer avec une petite citation de Franz Kafka que chacun connaît plus ou moins comme un auteur dont la réputation littéraire repose sur la description de la souffrance aiguë. Cependant, il a dit une chose qui constitue une affirmation particulièrement pertinente concernant la voie de l'illumination. Il dit : « Vous n'avez pas besoin de faire quoi que ce soit. Restez simplement là, assis à votre table et soyez attentifs.

Ne soyez même pas attentifs, attendez simplement. N'attendez même pas, soyez juste là, tranquille, calme et solitaire et l'univers se dévoilera à vous. Il n’a pas le choix. Il tombera en extase à vos pieds. »

 

Selon ces propos, certains ressentent le souffle de la réalité parce qu'ils nous parlent sans perturber leur propre tranquillité. Et si nous voulons vraiment savoir ce qu'ils nous murmurent, alors nous devons apprendre à être tout aussi calmes. Merci beaucoup.

 

Définitions

 

Épiphénomène: - 1. Phénomène secondaire à un autre plus essentiel.

 

-2. Philos. Ce qui ajoute à un phénomène sans réagir sur lui.

-3. En médecine, symptôme qui survient dans le cours d'une maladie et qui, n'étant pas nécessaire pour la caractériser, paraît comme surajouté aux symptômes essentiels.

Gipsy moth : Papillon velu du vieux continent (Lymantria dispar) introduit vers 1869 aux USA et dont la chenille agit comme puissant agent défoliant pour de nombreux arbres.

Gita : Bhagavad-gita (sanskrit, «le chant du Bienheureux Seigneur»), poème sanskrit de 700 vers (shlokas) répartis en 18 chants, vieux de 2 000 ans, aujourd'hui partie intégrante du Mahabharata et perçu comme l'un des textes les plus importants de l'hindouisme.

Phénomène : Fait observable, événement. -Philos. Pour Kant, ce qui est perçu par les sens, ce qui apparaît et se manifeste à la conscience (par opposition. à nou-mène ).

Rishis : Mot sanskri signifiant sage. Nom qui désigna d'abord les auteurs du Rig-véda puis divers saints personnages.

Shiva ou Çiva, troisième grande divinité hindoue, dieu de la Destruction.

Substrat: Terme philosophique. Ce qui sert de base, d’infrastructure à quelque chose. Ce qui existe dans les êtres indépendamment de leurs qualités, et ce qui sert de support à celles-ci.

Sutra: Mot sanskrit désignant chacun des textes qui dans le brahmanisme et le bouddhisme, réunissent, parfois sous forme de courts aphorismes, les règles du rituel de la morale, de la vie quotidienne. Graphie savante.

Véda: livres sacrés de l'hindouisme, écrits en sanskrit à partir de 1800 av. J.-C. et au nombre de quatre: le Rigvéda, le Sâmavéda, le Yajurvéda et l'Atharvavéda. Ils correspondent à la révélation de Brahmâ.

Védanta : Partie théologique des Védas.

 

Ce texte a été pour la première fois dans The Sovereign Scribe, volume n° 1, n° 21, P.O. Box 350, McKenna, WA 98558. Traduit de l'américain par Pierre Tricot.

Rédigé par Marie Jose A

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intensiveman 01/08/2011


Que du bonheur de lire ce Blog et d'y trouver particulièrement cette interview de Chopra. Merci.