L'Etat d'Urgence Mondial. 30/09/08 - Ervin Laszlo et David Woolfson

Publié le 26 Janvier 2011

L'Etat d'Urgence Mondial. 30/09/08 - Ervin Laszlo et David Woolfson

Préambule

La crise financière et économique globale, le changement climatique mondial, les guerres en cours, le terrorisme, les risques et enjeux nucléaires, l'apogée ou la fin des ressources naturelles non renouvelables, la crise naissante de l'eau, l'accroissement net annuel d'environ 80 millions de la population mondiale, l'accroissement de la pauvreté, du manque de logement, de la famine en quantité absolue, de l'écart croissant entre riches et pauvres, au sein d'une nation comme entre pays, et autres macro -tendances associées, constituent autant de preuves croissantes et indubitables que le monde actuel est fondamentalement non-viable et que l'humanité se dirige rapidement vers un effondrement des systèmes sociétaux et écologiques actuels.

Malgré ces crises d’envergure mondiale globale qui menacent la communauté humaine, le mode de pensée et les actions de la majorité des décideurs politiques, ou du monde des affaires, restent fixés sur le court-terme plutôt que sur le long-terme, sur les priorités nationales plutôt qu'internationales, sur les intérêts personnels plus que sur les intérêts communautaires, sur la confrontation et la militarisation plutôt que sur la coopération et le dialogue, sur les valeurs et le niveau de conscience du XIXème siècle plutôt que sur ceux du XX ème, sur le maintien du statu quo des affaires courantes, plus que sur le passage urgent à de nouveaux systèmes économiques, énergétiques et sociaux, localement, nationalement et internationalement.

Par conséquent, conscients de ces crises globales émergentes et du manque constant de gouvernance nécessaire aux niveaux nationaux et mondiaux dans l'ensemble de la politique et des affaires, nous lançons un appel à l’action urgente, une “Déclaration de l'Etat d'Urgence Mondial” au nom des habitants de notre planète et pour le bénéfice.


La Situation Globale

La crise globale à laquelle l'humanité est confrontée affecte aujourd'hui toutes les personnes et toutes les sociétés. Si nous continuons au rythme actuel, au milieu de ce siècle notre Terre pourrait devenir en grande partie inhabitable pour l'humain et la plupart des autres formes de vie. Un tel effondrement global du système pourrait se produire bien plus tôt par un emballement du réchauffement climatique ou d'autres éco-catastrophes, ou par des guerres nucléaires déclenchées par des conflits religieux, ethniques ou géopolitiques, ou une utilisation exagérée des ressources naturelles décroissantes.

Les macro- tendances se confirment depuis plusieurs décennies et sont en train d’atteindre un palier irréversible. La modélisation scientifique de systèmes complexes démontre que lorsque les systèmes atteignent un état critique d'instabilité, soit ils se décomposent, soit ils atteignent un niveau de meilleur fonctionnement. À partir de ces “points de non-retour”, il n'est plus possible maintenir le statu quo et ce mode d'organisation et de fonctionnement.

Diverses estimations ont été données concernant une date de “point de non-retour”. Il a été par exemple prédit que la température moyenne de la Terre augmenterait d'environ 3 degrés Celsius en 2100, puis il a été dit que ce niveau serait atteint vers la moitié du siècle, et plus récemment que ce niveau pourrait être atteint dans une décennie. Le chiffre de réchauffement général a augmenté, passant de 3 degrés à 6 degrés ou plus. Un réchauffement global de 3 degrés créerait de sérieuses ruptures de l'activité humaine, tandis qu'un accroissement de 6 degrés engendrerait un effondrement global, rendant la plus grande partie de la planète impropre à la vie humaine.

Ces prévisions cependant ne prennent en compte qu'une seule tendance à la fois : le réchauffement global, la disponibilité de l'eau, la production de nourriture, la pauvreté, la pression démographique, la pollution de l'air, etc. Elles ne prennent pas en considération les impacts créés par l'interconnexion des macro- tendances, ni celui des effets de boucles en retour. Lorsqu'une tendance atteint un point critique, son effet sur les autres tendances peut être très conséquent. Par exemple, si le réchauffement global crée une sécheresse prolongée dans certaines zones et des inondations côtières dans d'autres, les masses de personnes démunies et sans- abris envahiront les régions moins atteintes, y créant des mouvements sociaux et économiques avec des manques d'eau et de nourriture critiques.


2012

L'accélération de ces évolutions et le croisement de leurs implications indiquent que pour sortir de la présente crise globale et atteindre un monde plus pacifique et soutenable, nous ne disposons vraisemblablement qu’à peine trois ou quatre ans après 2008. Ceci se rapproche de la prophétie Maya marquant 2012 comme la fin du monde actuel.

La période autour de la fin de 2012 sera probablement une période turbulente pour les raisons évoquées ci-dessus et pour d'autres. Les prévisions venant des sciences physiques anticipent des perturbations dans les champs géomagnétiques, électromagnétiques et autres entourant la planète, causant des dommages significatifs aux télécommunications et impactant de nombreux aspects de l'activité et de la santé humaine. Pour les traditions ésotériques, la fin de 2012 sera la fin du monde connu, d’autres interprétations plus optimistes parlent d'un nouveau monde prenant la place de l'ancien.

Bien que la majorité de la population du monde n'ait pas encore reconnu le risque d'un effondrement total à grande échelle, des millions d'individus et de groupes d’avant-garde ont depuis des années mentionné ces menaces et défis. Cet « éveil” est un signal positif de la vitalité de l'esprit humain et de sa capacité à répondre avec souplesse et créativité aux dangers qui menacent l'humanité. Ceci doit être soutenu et facilité par tous les moyens appropriés, car l'échelle et l'urgence de la transformation requise sont largement supérieures à l'étendue des efforts actuels. Cela sera “trop peu, trop tard” sauf si la communauté humaine toute entière se mobilise rapidement pour renverser ces tendances macro-économiques avant qu'elles ne deviennent irréversibles.

Ceci doit à présent devenir notre priorité planétaire. Il faut agir avant qu’il ne soit trop tard. Nous risquons l'effondrement de notre civilisation et la disparition de nos espèces. Nous reconnaissons la réelle possibilité qu'un enfant né aujourd'hui puisse être témoin du chapitre final des 200 000 ans d'existence de l'homme moderne sur cette planète.


La voie à suivre

Nous devons faire face et gérer de façon créative les conséquences inattendues de la pensée étroite et court-termiste qui nous a menés à la situation globale actuelle et qui ne peut être maintenue. Aucune “recette rapide” ou “technologie miracle” ne nous sauvera des conséquences des valeurs erronées et des actions du passé. C’est en engageant l'esprit humain dans toute sa créativité et sa sagesse potentielle que l’on pourra donner naissance aux nouveaux modes de pensée et d'action nécessaires.

Le mode de pensée dominant actuel ne peut être maintenu plus longtemps. Nous devons dépasser l'inertie sociétale générée par les puissantes réminiscences autodestructrices des ères dépassées afin de préparer chaque région, nation et communauté aux ruptures systémiques et aux effondrements possibles. Nous devons reconsidérer radicalement notre vision du monde et restructurer nos systèmes tels que l’énergie, l’économie, la gouvernance, les transports, la nourriture, l’utilisation et la distribution des ressources. Nous devons agir pour élargir la fenêtre de tir dont nous disposons avant qu'il ne soit trop tard, afin d'éviter un effondrement d’échelle globale. Toute crise porte en elle une opportunité de changement et de transformation. Les idées et modèles nécessaires aux nouveaux systèmes existent déjà.

Aujourd'hui nous redécouvrons les éléments essentiels de la sagesse inhérente aux grandes traditions culturelles du monde, et faisons d'importantes découvertes scientifiques sur les relations entre la nature et nous. En même temps, nous développons des sources d'énergies alternatives, des technologies durables, des communications et des flux d'information globales, les biotechnologies, les nanotechnologies, l’intelligence artificielle et autres technologies capables d’ouvrir la voie vers un mode de durabilité globale pour les communautés humaines et l'environnement.

Un mode de pensée et des outils différents peuvent accélérer l'émergence d'un monde nouveau pour échapper aux scénarii les plus pessimistes. Mais il faut agir maintenant. Le temps est compté et la tâche est sans précédent.

Pour faire face à cette urgence, des solutions effectives et pragmatiques doivent dès que possible être portées à l'attention du plus grand nombre. La communication globale et la collaboration entre les peuples, nations, cultures, religions, secteurs de société, professions, associations, réseaux, organisations, et autres groupes, est essentielle pour assurer la survie de l'humanité sur cette planète.

Le nouveau rapport “Worldshift 2012” du Club de Budapest propose le passage (“world shift”) d'une voie de non- durabilité, de conflit et de confrontation, vers une voie de durabilité globale, de bien-être et de paix. Les propositions de ce Rapport, ainsi que les propositions des signataires de la Déclaration ont inspiré ce document.

Ainsi nous lançons ici un appel pressant à tous les habitants de notre planète afin qu’ils témoignent de leur conscience de l'état d'urgence mondial et de leur ferme intention de contribuer à mettre en place un changement significatif dans tous les secteurs de la société (éducation, gouvernance, économie, média, culture, technologie) et à tous niveaux (local, national et global) pour le bien commun de toutes les personnes, toutes les sociétés et toute vie sur Terre.


On peut se rendre ici pour soutenir la proposition de Déclaration d'Etat d'Urgence Mondial. Dédié au développement durable et à l’évolution de la conscience.Le réseau social WorldShift 2012 permet de suivre cette initiative et d'y participer.

Rédigé par Marie Jose A

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