L'ENACTION

Publié le 10 Avril 2010

Bonjour !

 

je suis heureuse ! Le soleil brille. J'entends les oiseaux chanter en écrivant ces quelques lignes ! MERCI LA VIE ! Merci de me permettre d'être une de "tes expériences" !

 

Je suis aussi heureuse, par ce que chaque jour je découvre une nouvelle "merveille", de la VIE, à travers les capacités ,entre autres, de l'HUMAIN. Dans un monde qui semble aller à la dérive, dans des sociétés où tout semble aller à la destruction.... chaque jour, je "rencontre de nouvelles découvertes". Chaque jour, ma merveilleuse curiosité, cette merveilleuse qualité, n'en déplaise à certains, me conduit sur les chemins du bonheur d'avoir accès à de nouvelles connaissances .... pour moi ..... Je remercie tous ces "humains" qui découvrent et partagent leurs découvertes. et à mon tour, je m'offre le merveilleux plaisir du partage.

Aujourd'hui, je partage avec vous cet article sur l'ENACTION. Mot barbare et poutant fantastique. mais je vous laisse découvrir .... et si votre curiosité rejoint la mienne, si aucours de vos "voyages de curiosité"vous faites de merveilleuses découvertes, si vous  avez envie de me les faire partatager , je vous en remercie par avance.

 

A bientôt Marie José A.

 

L'énaction

 

 

L'énaction: un concept des neurosciences cognitives

Parmi les conceptions les plus novatrices de ces dernières années, l'énaction apparait comme porteuse d'avenir. De nombreuses théories sur les apprentissages sont apparues au cours du siècle, certaines ont eu leur heure de gloire et ont servi de base à la construction de l'étude sur les différentes façons dont on s'y prend pour accéder à des connaissances ou transformer nos comportements.

Le concept apparait dans les articles et ouvrages de Francisco Varela, neurobiologiste et chercheur en sciences cognitives, c'est un concept validé scientifiquement à partir d'études sur l'homme et l'animal. Dans son livre "l'inscription corporelle de l'esprit", il cite M. Merleau-Ponty qui avait entrevu l'idée 50 ans auparavant.

 

"L'organisme donne forme à son environnement en même temps qu'il est façonné par lui [..] Le comportement est la cause première de toutes les stimulations. [..]Les propriétés des objets perçus et les intentions du sujet, non seulement se mélangent mais constituent un tout nouveau. [..]L'organisme, selon la nature propre de ses récepteurs, les seuils de ses centres nerveux et les mouvements de ses organes, choisit dans le monde physique, les stimuli auxquels il sera sensible."

Apprendre par l'énaction pour un sujet, cela veut dire tout simplement avoir l'initiative de ses comportements et de ses mouvements dans le temps de l'apprentissage. La perception et la motricité sont indissociables donc sous le primat de l'action qui les stimule. L'activité motrice est produite pour construire un jeu de perceptions qui vont guider l'action vers son but, constitutives de la prise de connaissance efficace au cours d'une expérience vécue.

Une expérience chez les animaux

Deux groupe d'oisillons élevés sans leurs congénères adultes:

 

le 1er groupe a la possibilité de déclencher d'un coup de bec l'enregistrement du chant des oiseaux de son espèce.

Ce groupe restituera 76% du chant entendu.

le 2ème groupe est dans une cage voisine et a juste la possibilité d'entendre l' enregistrement déclenchés par le 1er groupe.

Ce groupe restituera 39% du chant enregistré.

La seule différence en faveur du 1er groupe: l'initiative dont ils disposaient au cours de l'apprentissage.

L'énaction et la théorie de Piaget

L'énaction complète les idées de logique des actions chère à J.Piaget, présente chez l'enfant dans les premières semaines de son développement. A cet âge, l'enfant ne dispose que de sa propre activité sensorimotrice. Et pourtant, par le jeu de ses expériences et de ses initiatives, l'enfant va édifier parallèlement ses structures cognitives (son esprit) et le réel. Le constructivisme de Piaget est souvent vu à tort comme l'addition de "couches" construites sur la base de celles qui les précèdent alors qu'en réalité dans la théorie, à chaque étape du développement cognitif, il y a réorganisation de tout l'ensemble en repartant de l'expérience agie. N'oublions pas qu'une bonne partie de l'oeuvre de Piaget repose sur des expériences concrètes à l'aide de petits dispositifs proposées à des enfants qui doivent ainsi résoudre un problème et rendre explicite leur raisonnement. L'intention et donc l'initiative sont à la fois le prélude à l'action et à la représentation et donc à la connaissance.

Langage et énaction

Le développement du langage reflète l'énaction des connaissances. Ainsi, avant d'avoir acquis ses premiers mots, on sait que le jeune enfant communique des intentions à travers ses comportements, puis dans sa voix à travers son babillage. Si ses intentions sont reconnues et comprises par ses pairs, si l'enfant peut prendre l'initiative d'agir sur les objets de son environnement, l'enfant peut accéder aux représentations et aux symboles donc au langage. Il est intéressant d'ailleurs de constater que le premier langage de l'enfant exprime des actions concrètes sur les objets et que les mots exprimant ce concret vont servir de base par projection au langage abstrait ou métaphorique : "je met de l'argent de coté", "il se prend pour quelqu'un d'autre", "il n'y arrivera pas", "je dois repartir à zéro", "les sectes manipulent les gens", "tiens bon!"!, "elle se donne beaucoup en ce moment, je dois me sortir de cette relation qui me bouffe la vie".

Même chose avec les objets que l'enfant catégorise au départ en fonction des propriétés qu'il a perçu à travers ses agissements sur les objets, toujours le jeu perception-action..Premières catégorisations (formes, couleurs, tailles, textures.;etc) qui servent de base aux catégorisations ultérieures par projection métaphorique: "le cercle des proches du président", "il y a diverses formes de musique", "il n'utilise pas bien les outils pédagogiques", "les instruments du pouvoir", " les fruits de son imagination".

Varela parle de cognition incarnée pour rendre compte de ce constat.

Les premiers concepts sont bien issus des premières actions et les difficultés d'apprentissage, d'abstraction que nous constatons chez certains enfants peuvent être éclairées sous un jour nouveau.

Quelques Conséquences

Jusqu'à maintenant, on expliquait certaines difficultés d'apprentissage en invoquant des facteurs socioaffectifs et biologiques: carences sociales, carences éducatives, carences affectives, fragilité émotionnelle, prématurité. Cependant des points d'ombre demeurent quand on invoque ces facteurs, notamment le rôle respectif de chacun dans les échecs des apprentissages. Le concept d'énaction couplé à la notion de période sensible, c'est à dire de période génétiquement préprogrammée dans le développement pour qu'un apprentissage se réalise (on pense par exemple au langage) ouvre une porte à la comprèhension de ces échecs. On pourrait dire qu'à partir du moment où des facteurs concourent, à une période sensible pour un type d'apprentissage, à empêcher ou géner les actions et initiatives d'un enfant pour s'approprier ce qu'il apprend, l'apprentissage sera moins efficace: famille surprotectrice ou pédagogues trop interventionnistes expliquant beaucoup sans laisser l'enfant agir, cadre éducatif "étouffant" ou rigide, familles à problèmes multiples, dépression ou maladie mentale chez la mère, négligences diverses s'ajoutant à une fragilité psychologique et/ou médicale de l'enfant.

On peut aussi voir certaines difficultés de langage sous cet angle, l'initiative, les intentions d'action existent aussi dans le domaine de la communication verbale et non verbale et dans l'appropriation du code : par exemple: actions au niveau relationnel, actions au niveau métalinguistique quand l'enfant prend l'initiative d'une locution inventée par lui-même, au niveau pragmatique dans les échanges verbaux...etc.

Chez l'enfant porteur de handicap ou présentant un trouble des acquisitions, le concept d'énaction est particulièrement intéressant pour les enfants ayant des déficiences sensorielles, motrices ou mentales. Ainsi, les enfants hypotoniques, hypokinétiques ou au contraire hyperactifs-hyperkinétiques ne peuvent du fait de leur déficience et de certaines négligences éducatives, développer certaines capacités intellectuelles qui apparaissent de prime abord éloignées de leur déficience, on pense ainsi au lien entre certaines dyspraxies et certains apprentissages (lecture, langage élaboré, pensée logique, calcul, accès à certaines abstractions), lien étudié par Piaget ou par Dugas et Gérard pour les dyspraxies de développement ou encore par Lacert pour les affections neuropédiatriques.


 

Cet article vient du site   http://pagespro-orange.fr/jerome.grondin/enaction.htm

Rédigé par Marie Jose A

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